Je me suis rendu dans la ville de Sè,

située à plus de quatre-vingt-dix (90) km de Cotonou; pour suivre le quotidien des potières. Pendant quatre jours, je les ai suivies dans la collecte de leurs matériaux de travail, dans la fabrication et la commercialisation de leurs poteries.

Ces potières essaient de leur mains de se dessiner dans l’argile, un avenir meilleur. A Sè, j’ai retrouvé une communauté de femmes qui vivent et font vivre leurs familles de poteries.

Ces femmes, vivant dans une localité où l’agriculture est le premier recours pour sortir de la pauvreté, ont choisi de retourner à la terre pour vivre, d’une manière particulière. La terre, elles l’utilisent pour faire des pots, des jarres, etc…

 

Elles ne vivent pas dans un grand luxe, mais leur fierté, les sourires et la joie de leurs familles ont quelque chose de noble. De la collecte des matériaux à la fabrication de leurs pots, elles deviennent le temps d’une fournée, des divinités créatrices, mettant leur art au service de leurs besoins. Leurs pots ne leurs permettent pas seulement de subsister. Elles s’en servent pour nourrir leurs enfants, les scolariser, construire des maisons, organiser des fêtes…

Des plus jeunes au plus vieilles, la gaieté de leur activité, jamais ne laisse transparaître l’importance vitale de celle-ci. Plus que sculpter pour vivre, les potières de Sè sculptent leurs vies. Et la dimension métaphysique de leur activité et de leur quotidien est visible sur images.

©Yanick Folly .