En visite à Adjarra, je savourais un copieux plat de viande de porc chez Houssou quand je fus attiré par le bruit d’un tam-tam. En me rendant à la balustrade de l’établissement, j’aperçus une foule, drainée par le bruit du tam-tam, qui s’enthousiasme pour les pas de danse endiablés de personnes vêtus de tenues traditionnelles. Je décidai de les suivre pour les prendre en photo.

Je saisis mon appareil puis, après avoir payé mon repas, j’entreprends de suivre la foule en liesse. Je me rapproche des danseurs pour leur demander la permission de les prendre en photo et pour avoir plus d’informations sur leur troupe. Après l’autorisation du chef d’orchestre, je me suis mis à suivre, appareil en main le périple rythmé de la foule.

Au fur et à mesure qu’on avance, des passants rejoignent le cortège à pas de danses. On m’explique que le rythme joué et dansé s’appelle Massè Gohoun. Contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, les mouvements des danseurs se faisaient plus puissants, plus frénétiques, avec le temps. A un certain moment, les danseurs emportés par leur enthousiasme n’hésitaient pas à se rouler au sol.

La troupe s’arrête devant chaque maison. Les habitants des concessions n’hésitent pas à sortir danser avec la troupe. Parfois, certains pour encourager les danseurs n’hésitent pas à leur donner de l’argent ou à leur offrir du Sodabi (un alcool local).

Malgré le caractère figé des photographies, celles-ci ont gardé des traces, de toute la vie, de tout le rythme offert par le cortège de danseurs de Massè Gohoun.

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