Souvent, lors de mes voyages, je suis intrigué par ces vendeurs de viande de gibier qui arpentent les bords des routes. Ceux qui ont l’habitude de se rendre à l’intérieur du Bénin sont habitués à voir sur les bords des routes les vendeurs d’aulacodes, ou de perdrix, fraîchement tuées. Je me suis toujours demandé comment les vendeurs obtenaient cette viande. Un jour je me suis lancé. J’ai préparé mes affaires comme pour n’importe laquelle de mes expéditions photographiques.

Je me suis alors rendu dans le village de Igbo-Ikoko dans le département du plateau. Sur place, je me suis entendu avec un chasseur pour l’accompagner et prendre des photos de sa traque.

Mon chasseur s’appelle Iná ce qui veut dire feu en yoruba. Iná bénéficie d’une véritable notoriété dans son petit village

Je l’accompagne malgré ma surprise. Il ne va pas chasser, mais placer des pièges.

Après les avoir posé je me prépare à installer ma tente et mon matériel de repos lorsqu’il me dit qu’on devra être prêts pour le lendemain à 5h30. Je retrouve Iná aux aurores. A pas feutrés nous nous dirigeons vers la brousse.

Ce matin, rien de pris dans les pièges. Après une heure de marche, Iná repère un bruit.

–              Chuuut  pas de bruit nous allons prendre ce chemin, évite de trop bouger aussi, me murmure Iná

–              Et fais gaffe a ton appareil photo, reste derrière moi, complète-t-il.

Je ne vois pas l’animal, mais je fais confiance à l’instinct de chasseur de mon guide. Il tire deux fois, mais malheureusement il rate sa cible. Décidément, ce n’est pas si facile que ça d’obtenir ce gibier que beaucoup dédaignent sur le bord de nos autoroutes.