Je me suis rendu à Djegbadji, un arrondissement de la ville de Ouidah pour observer les femmes de la localité extraire du sel de cuisine à partir du sable. Ce n’est pas un hasard si en langue fon, Djegbadji signifie « Terre de Sel ».

Le sol de cet arrondissement riche en sodium permet à sa population de fabriquer du sel de cuisine. Cette tâche revient aux femmes de la localité. Je me suis rapproché d’elles pour observer leur travail et prendre quelques photos.

Très actives à la tâche, les femmes de Djegbadji n’ont rien à avoir avec des statues de sel. Mais au-delà de cela, c’est leur ingéniosité qui m’a frappé. Le dispositif artisanal utilisé par ces femmes, un filtre ayant la forme d’un panier, réalisé à partie des enchevêtrements de racines de palétuviers, n’a rien à envier aux procédés industriels. Ce dernier est rempli de sable puis arrosé avec l’eau de la rivière Toho, disposant également d’une très grande salinité. Le filtrat obtenu est recueilli dans des bidons pour ensuite passer à la phase de cuisson.

Ce filtrat est ensuite versé dans des fours de terre puis cuit à très haute température. Après quelques heures, les femmes de Djegbadji obtiennent un sel gris. Il faut attendre encore quelques heures et l’oxygénation du résultat pour observer le sel blanc que nous retrouvons dans nos cuisines.

Une fois leur tâche achevée, les femmes de Djegbadji retournent à leurs propres fourneaux, pour faire profiter leurs familles du fruit de leur labeur. Ces femmes, par leur activité créent de la richesse pour toute la localité. A bien des égards, ce sont elles, le vrai sel de la terre de Djegbadji.

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